l’agitation et …un niveau de compétences relativement faible.

 Ce soir, le petit caporal a demandé à son copain du Fouquet’s, -le ci-devant Jérôme Bellay – de lui organiser une superproduction au cours de laquelle il a de nouveau choisi la brosse à reluire de J-P Pernaut pour tenter de se faire briller dans les foyers des honnêtes gens.

Voilà d’ailleurs une bonne raison de trouver mille attraits aux productions des autres chaines, quelle que soit la mauvaise foi qu’il y faudra.

Sur le fond, on sait déjà que le petit caporal va tout faire pour nous persuader que grâce à sa légendaire énergie et à son incontournable détermination, il a réussi à entrainer tous les autres de Bruxelles sur ses positions d’homme d’état compétent, responsable, clairvoyant et surtout courageux.

Il va nous dire, en filigrane, que nous ne savons pas la chance que nous avons qu’il soit là et qu’il veille ! Il va nous dire, au bout du compte et d’une manière qu’il voudra subliminale, que nous devons lui faire confiance et que nous devrions évidemment lui garder cette confiance pour les cinq ans qui viennent. Et pourtant, que dire de la réalité des choses.

Ce nouveau sommet européen, savamment mis en scène accouche, une fois encore, de la désespérance, à l’exception de deux bonnes nouvelles toutefois :

• la réduction de la dette grecque qui intervient bien trop tard au regard d’une situation dramatiquement insupportable faite au peuple grec. Mais il faut acter cette bonne nouvelle.

• l’obligation faite aux banques de se recapitaliser sur des fonds privés, qui, elle aussi, intervient bien tardivement, est une bonne mesure. Dont acte.

Tout le reste est beaucoup plus anxiogène pour l’avenir qu’il n’est rassurant. Et, si Sarkozy aimerait nous faire croire le contraire, c’est bien l’austérité généralisée à toute l’Europe qui a été une nouvelle fois confirmée la nuit dernière. Rien ne change pour l’avenir parce que Merkel refuse obstinément que des dispositions soient prises pour faire évoluer la construction économique européenne vers des solutions politiques. La préservation des intérêts allemands n’est pas euro-compatible.

La question du statut de la Banque Centrale Européenne est révélatrice. Au lieu d’en faire un outil au service de l’économie européenne, en rachetant par exemple les dettes nationales des états, les Allemands exigent qu’elle reste cantonnée à son rôle de vigile sur la monnaie européenne ce qui la rend parfaitement inopérante quant au financement des dettes publiques.

Sarkozy a beau remuer les épaules, s’agiter dans tous les sens, ça n’impressionne personne. Il est face à la position allemande d’une servile complaisance – sans doute pas par choix, mais par incapacité sinon par incompétence. La manière dont il a décrédibilisé, avec ses gouvernements ou avec ceux auxquels il a participé, le pilotage de l’économie nationale de la France ne lui confère évidemment aucune autorité.

Seule, l’histoire de la construction européenne milite encore pour la survivance du couple franco-allemand. Et si ce n’était le respect du à cette histoire, il y a fort à parier que Merkel aurait d’autres priorités que ses affichages avec Sarkozy.

Autre point sensible, celui du Fonds Européen de Stabilité Financière qui, avec la garantie des États, a vocation à racheter les dettes publiques des États les plus en difficulté. Mais pour ça, il faut abonder ce fonds. Décision est prise de faire appel aux marchés financiers, ainsi qu’à la Chine qui va investir dans les obligations du Fonds Européen.

Au bout du compte, on crée ainsi un double risque de dépendance :

• celle des marchés financiers puisqu’à partir de là, la place s’offre à nouveau à la spéculation financière

• celle de la mise sous tutelle chinoise de l’économie européenne, donc des économies nationales des États membres.

On ne peut pas dire qu’ainsi, on ait assisté à une avancée considérable, susceptible de mettre l’Europe et l’économie européenne à l’abri des manœuvres qui sont à l’origine de la crise.

Dans le même temps, l’accord porte sur la réduction massive des déficits publics. On sait que dans l’esprit de Sarkozy- comme dans celui de tous les libéraux de la nuit blanche de Bruxelles – ça signifie poursuite du démantèlement des services publics, augmentation des ponctions multiples, réduction des acquis sociaux… ce sont de nouveau les français, des plus modestes à ceux des couches moyennes, qui devront continuer à se serrer la ceinture face à ces cures d’austérité réitérées et amplifiées.

Vue sous l’angle étroit de son champ d’investigations, la politique de réduction des déficits publics pour Sarkozy, c’est une contribution toujours plus forte de ceux qui n’en peuvent plus déjà pour racheter les choix coupables de cadeaux, d’aisance fiscale, de préservation des profits auxquels il s’est livré avec l’impudence de ceux qui font d’autant plus facilement ces cadeaux que ce sont les autres qui en font les frais.

Mais cette politique de rigueur infligée à la grande masse des consommateurs est un acte d’homicide volontaire perpétré contre l’économie nationale qu’elle engage irrémédiablement dans une récession durable. Aujourd’hui la Grèce puis demain l’Espagne, l’Italie, sans compter le Portugal et l’Irlande… y a-t-il vraiment de quoi se réjouir des conclusions d’un sommet qui ne contribue qu’à marquer une étape supplémentaire dans l’amplification de la crise ?

Car, à bien y regarder, les pompiers pyromanes s’en donnent à cœur joie.

Les agences de notation posent des verdicts péremptoires, sans autre forme de contrôle ; ces verdicts servent de signal de lancement aux opérations de spéculation et contribuent à animer les petites marionnettes que le système financier manipule avec délice et ostentation. Celle du petit caporal – toujours prompt à faire du zèle quand il s’agit de se faire mousser- est de loin la plus agitée.

Non ! Décidément, l’homme n’est pas à la hauteur de la tâche et ses alter européens sont comme lui, bien plus motivés par le manège de leurs egos que par l’urgence d’élaborer une solution politique.

La preuve, s’il fallait encore la faire, que toute cette famille de libéraux, assumés ou non, n’a aucun projet européen. Ils pataugent dans le marigot, englués dans les boues du marché unique et font semblant d’être importants.

Seraient-ils vraiment les seuls à ne pas savoir que, sur le marché, ceux qui tirent les ficelles ne sont pas ceux qui font semblant de le croire.

Pendant qu’ils s’amusent à se croire importants, les peuples souffrent.

« Toute cette affaire, (la crise) je suis frappé par le fait qu’elle est traitée dans l’agitation et avec un niveau de compétence relativement faible. » (RTL – 26/10/2011) dit V. Giscard d’E. .

Puisqu’il le dit….

27 octobre 2011

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