Bon, d’accord, ça sera François !

 J’aurais mauvaise grâce à prétendre que j’en suis ravi. Cela étant, force est de constater que le rapport de force, sorti des urnes, est sans appel. Les stratégies – avouées ou fortement suggérées – de l’entre deux tours ont forcément dessiné un profil qui aurait pu être tout autre. Mais une fois …comme toujours, on ne nous a pas franchement demandé notre avis et c’est après le 6 mai 2012 que, dans le meilleur des cas, nous saurons le fin du fin…

D’ici là, quelles que puissent être les espérances déçues, les états d’âme ne sont plus d’actualité et c’est la fleur au fusil qu’il s’agit maintenant de partir battre la campagne.

À voir la tête de Copé dimanche soir, je me disais que l’issue de ces primaires déboussolait véritablement la droite. Pas tant par le choix du candidat que par l’affichage du rassemblement, avant même la proclamation du résultat qui a réduit à néant les espoirs les moins fous des cadors UMP.

À mesurer les arguments – répétés jusqu’au radotage, on comprenait sans difficulté jusqu’où les aboyeurs habituels étaient tombés dans le désarroi. Ce fut un excellent contrepied et la mortifère cérémonie de leur convention de ce mardi convenait assez bien à l’enterrement de première auquel ils ont dû se résoudre pour faire le deuil des non-déchirements socialistes affichés.

Cela dit, les coups bas sont lâchés ; ils fouillent les caniveaux et ça va très vite sentir la m..édiocrité.

Passons sur l’exercice convenu de mardi. Personne ne s’attendait évidemment à ce que la droite vante les mérites du projet socialiste ni ceux de son candidat. Ca frisait le ridicule d’acharnement ; quand ils n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent, la bande à Copé ne recule devant aucun sacrifice, aucune vilénie. On le sait bien et les socialistes vont en prendre plein la tête, à commencer par le candidat.

C’est pourquoi il va falloir être solide sur les bases et réaffirmer quelques fondamentaux.

L’expression des différences entre nos sensibilités ne doit certainement pas conduire à de quelconques synthèses qui serviraient à d’inconvenantes plateformes. Le moment est venu de faire surgir au contraire, toutes les compatibilités et d’associer dans une proposition offensive et surtout alternative, toutes les attentes citoyennes qui fonderont le socle du changement.

Il est en effet au moins aussi important de mettre autour de la table les porteurs des propositions singulières de la campagne des primaires que d’entrer en discussion avec nos partenaires de gauche en vue de préparer la dynamique de victoire au second tour de la présidentielle. Le socle électoral du candidat socialiste doit impérativement s’élargir à tout le socle citoyen du premier tour des primaires. Ne nous laissons pas berner par les éphémères 62% ou 64% des sondages !

Le rassemblement des socialistes, ce n’est pas le rassemblement des quelques leaders de sensibilité dans un pacte de solidarité pour battre Sarkozy. Le rassemblement des socialistes, c’est le rassemblement de tous les sensibilités citoyennes qui se sont mobilisées le 9 octobre d’abord, puis le 16, pour donner tout son sens à la primaire.

Bien sûr ils attendent avec impatience la cuisante défaite de Sarkozy et de ses affidés arrogants ; mais ce qu’ils attendent surtout et bien au-delà, c’est que le changement ne soit pas qu’un slogan d’agence de com.

Et pour ça, la première des conditions que François Hollande devrait s’imposer à lui-même, et qu’en tous cas la convention de ce samedi 22 octobre devrait assortir à sa désignation comme candidat des socialistes est celle-ci.

Le message aux électeurs en sera renforcé ; la discussion avec nos partenaires de gauche en sera forcément élargie.

Il reste six mois pour gagner ; rien ne doit être négligé.

Le contexte économique ne s’améliore pas. L’intervention opportune de l’agence de notation Moody’s est un argument que Sarkozy ne manquera pas d’exploiter pour enfoncer encore un peu plus, non pas le pays tout entier – mais les plus modestes et les classes moyennes dans encore plus de rigueur et d’austérité.

On sait pourtant la nocivité pour la croissance de ces plans de rigueur successifs. On sait aussi que pendant la rigueur, les spéculateurs financiers continuent et qu’à force de saigner toujours les mêmes, ceux-là finiront par être exsangues. C’est d’ailleurs l’objectif vers lequel tendent toutes les initiatives de cette droite ultra-libérale. Tellement elle sait, comme nous, que celles et ceux qui n’ont plus rien à perdre parce qu’ils ont déjà tout perdu, se retirent de la vie sociale, de la vie citoyenne.

Ceux-là ne votent plus parce que la misère et le désarroi social ne trouvent pas d’exutoire dans les solutions électorales et politiques. Alors, de fait, ils ne menacent pas la stabilité du système et la droite, en particulier la droite sarkozyste, s’en accommode fort bien.

Au cours des six mois qui viennent, la mission historique de la gauche n’est pas tant de réussir à faire voter les désespérés que de ne pas s’aliéner définitivement celles et ceux qui n’ont pas encore basculé dans la désespérance. Alors, il va falloir des messages forts pour donner du sens politique – au sens littéral du terme et non au sens des appareils – au rassemblement des sensibilités socialistes, bien au-delà de leurs seuls ténors ; pour donner du corps à une plateforme électorale qui permette à l’ensemble de la gauche de se rassembler ; pour créer la dynamique qui emportera dans son souffle celles et ceux qui n’en peuvent décidément plus du sarkozysme.

Le chemin est long, et le changement est à ce prix.

19 octobre 2011

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.