La richesse de notre architecture démocratique.
Bien que nous ne disposions pas encore des résultats définitifs du premier tour de la primaire citoyenne, il est évident qu’un évènement historique s’est produit hier, 9 octobre, au cœur de la démocratie française.
La foule des participants en est témoin : c’est à une aspiration profonde des citoyens que la gauche socialiste a répondu hier en redonnant enfin du sens à la vie politique. Et les remerciements appuyés pour cet acte de rénovation courageux de la vie politique qui nous ont été adressés tout au long du scrutin n’avaient rien de surfait.
Évidemment, le parti socialiste –qu’il a fallu bousculer un peu (c’est une litote) pour le convaincre de cette nécessaire adhésion à une pratique nouvelle d’écoute de l’expression populaire citoyenne- sort grandi par l’initiative de la confrontation sereine et singulière qu’il a initiée.
La première victoire s’est gagnée là, sur l’audace et le courage de rendre aux citoyens leur droit à faire autrement de la politique. Et de la même façon que nous l’avions vécu en 2005 lors de la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen, nous avons pu vérifier que l’aspiration au débat politique des françaises et des français était intacte. Les caciques, quels que soient les oripeaux dans lesquels ils se drapent en ont pris pour leur grade. Et c’est une excellente nouvelle pour la santé de notre démocratie ! Ni les sondeurs, ni les éditorialistes, ni quelque tenant que ce soit de l’ordre des choses établi n’ont réellement influencé le cours du scrutin C’est en électeurs libres que les participants se sont prononcés, déjouant pronostiques et projets de carrière.
Dans des conditions d’organisation toutes particulières, bousculant les habitudes électorale, 2,5 millions de citoyennes et de citoyens se sont déplacés pour cette primaire et d’ores et déjà il semble acquis pour tous les acteurs républicains, tous les observateurs de la vie publique que l’évènement démocratique du 9 octobre est irréversible. À l’exception des partis autoritaires, tous entreront, d’une manière ou d’une autre, dans la démarche initiée par les socialistes pour le choix et la désignation de leurs candidats.
Charge aux partis politiques d’animer autrement le débat, d’impulser des dynamiques de courants de pensée, d’accepter une réelle diversité d’analyse et de proposition en leur sein et surtout, surtout d’abandonner enfin leurs pratiques séculaires d’appareils à gérer les carrières politiques.
Car au bout du compte, ce qu’on a pu mesurer ce 9 octobre, c’est que dans un cadre d’orientation fixé par l’adhésion collective à des valeurs et des principes républicains communs, les électeurs goûtaient tout particulièrement la liberté qui leur était offerte de marquer leur préférence pour telle ou telle autre sensibilité particulière.
C’est toute la richesse de notre architecture démocratique : mesurer le poids de nos sensibilités respectives pour ensemble construire une offre politique qui épouse au mieux les contours de l’espérance populaire qu’on veut porter.
Et c’est bien là l’enjeu de l’entre deux tours !
Évaluez ceci :
J'aime
Cet article a été publié le octobre 10, 2011 à 4:16 et est classé dans 1 - contributions perso avec des tags candidatures, démocratie, gauche, parti socialiste, primaires citoyennes. Suivez toutes les réponses à cet article via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un rétrolien depuis votre site.