un peu de morale de comportement ne saurait nuire

Après l’épisode de Frangy où Arnaud Montebourg et Benoit Hamon avaient clairement proposé la feuille de route en conjuguant avec bonheur l’indispensable rénovation du parti et la réaffirmation des fondamentaux d’une gauche socialiste attentive à ses principes autant qu’à ses valeurs et exigeante sur son projet, celui de La Rochelle pouvait laisser espérer aux militants que nous sommes ainsi qu’aux français qui nous attendent, la perspective d’un parti socialiste enfin apaisé. Las, l’effet n’aura été que de courte durée. Les rivalités de personnes ressurgissent à la moindre occasion. Et la publication du bouquin d’Antonin André et de Karim Rissouli y contibrue opportunément.

Ces deux-là sont probablement d’honnêtes hommes. Rien ne me permet d’en douter en tous cas,ne disposant, pas plus que d’autres, je crois, des informations nécessaires à me forger une opinion. Ce qui est déplorable en revanche, c’est l’exploitation qu’on en fait pour continuer à règler des comptes. Si l’affaire se révèle fondée, elle confirmera que notre parti n’est toujours pas remis de ses frasques. Les plus anciens se souviennent avec moi des cartes fictives qui fournissaient à quelques fédérations les mandats qui ont assuré, par le passé, les majorités du Parti. Evidemment, cela ne nous grandit pas collectivement et persiste à être détestable. S’il ne s’agissait en revanche que d’une nouvelle tentative de déstabilisation – de décrédibilisation – du Parti et de son équipe dirigeante, faudrait-il alors tomber dans un piège aussi grossier. Ce ne serait malheureusement pas la première fois qu’en se réfugiant derrière le sacro-saint principe de la liberté d’expression, des écrits malveillants mettraient en cause une organisation politique, associative ou syndicale. Encore une fois, j’ignore la part du vrai et celle des supputations. Ce que je crois en revanche, c’est qu’il n’était probablement pas nécessaire de sauter sur la première occasion comme le fait publiquement Ségolène Royal en appuyant un peu plus sur la tête de Martine Aubry. Au fond, la stratégie ne consiste qu’à entacher la moralité de la Première secrétaire et, au-delà d’elle, de tout le Parti, jetant par avance le doute sur toute procédure de désignation, primaires y compris. J’ai payé, pour ma part, le prix lourd des mise en cause et des accusations infondées. Et je sais que, même conforté par des décisions de justice confondant les auteurs de ces ignominies, le poids des accusations profite plus à ceux qui les profèrent qu’à ceux qui les subissent injustement. Voilà pourquoi je crois urgent d’en appeler à une morale de comportement qui me semble bien étrangère à celles et ceux qui cherchent à se draper de blanc dans cette mauvaise affaire. De grâce, ne nous laissons pas embarquer, une fois encore, dans des règlements de compte qui apprtiennent – en tous cas je le souhaite – à un temps révolu. Aujourd’hui, militants, sympathisants et électeurs nous attendent sur le terrain politique. La dynamique engagée à La Rochelle doit nous y conduire. Aucun responsable, quel qu’il soit ne peut prendre le risque de la faire échouer sauf à parier sur le suicide collectif des socialistes.

D.A

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